Quand la douleur devient une identité (et comment s’en libérer)
Nous avons tous besoin d’une histoire pour nous situer dans le monde. Mais trop souvent, cette histoire est bâtie autour de nos blessures.
Nous devenons la personne qui a souffert… ou celle qui s’en est sortie.
Dans les deux cas, c’est la douleur qui reste au centre du jeu. Et cette douleur finit par définir nos choix, nos comportements, nos relations… Parfois même nos ambitions.
Mais il existe une 3ème voie.
Ni glorification de la survie.
Ni attachement à la plainte.
Et si le vrai courage n’était pas de vaincre la douleur, ni de la supporter…
mais de cesser d’en faire le cœur de notre identité ?
Parce que tu n’es pas ce que tu as subi.
Tu n’es pas non plus ce que tu as réussi à surmonter.
Tu es ce que tu choisis de créer… maintenant.
« Héros » et « victime » sont les 2 faces d’une même pièce
Quelle claque cette phrase lorsque je l’ai entendue la première fois !
C’est comme si une porte s’était ouverte d’un seul coup vers plus de pouvoir, plus de capacité à être responsable de ma vie. Elle sonne comme une vérité nue. Puissante. Inconfortable. Libératrice.
« Héros » et « victime » : 2 rôles, 1 seul mécanisme.
Si je suis honnête avec moi-même, ces mots donnent du sens, de la valeur, une identité à mes douleurs.
L’un dit : “J’ai survécu.”
L’autre dit : “J’ai souffert.”
Mais dans les deux cas… je reste lié à ma douleur. La blessure reste le centre du récit :
◾ La victime se définit par ce qu’elle a subi.
◾ Le héros / héroïne se définit par ce qu’il/elle a surmonté.
Pourquoi s’accrocher à une douleur qui n’apporte rien ?
Voilà une question coup de poing. Une vraie. 👊🏻
Parce qu’on l’a tous fait. Et le plus souvent, sans même s’en rendre compte !
Mais pourquoi garder une douleur qui fait mal et qui ne sert plus à rien ?
Voici 5 origines tranchantes, à secouer en toi (sinon la pulpe, elle reste en bas) :
1- Parce que la douleur nous définit.
→ Victime : « Je suis celle/celui à qui cela est arrivé. »
→ Héros / Héroïne : « Je suis celle/celui qui a surmonté ça. »
Dans les deux cas, l’identité est construite autour de la souffrance. Souffrir, c’est dire « non » à la douleur. Ne pas vouloir réellement et avec vulnérabilité la regarder en face, alors qu’il s’agit de la vivre pleinement pour faire le deuil.
Elle devient le socle du “je suis”. Même pièce, deux faces : « je souffre » / « j’ai vaincu ».
2- Parce que la douleur donne du sens.
→ Victime : « Si j’ai souffert, c’est que ça doit avoir un sens (ou que j’avais raison d’avoir peur). »
→ Héros / Héroïne : « J’ai souffert, mais j’en ai tiré une leçon. C’est ce qui m’a construit. »
Qu’on subisse ou qu’on transcende, la douleur devient fondatrice de notre récit. Le sens est arrimé à la blessure. Toujours cette pièce, tournée d’un côté ou de l’autre.
3- Parce que la douleur attire l’attention ou la compassion.
→ Victime : « Regardez ce qu’on m’a fait. »
→ Héros / Héroïne : « Regardez ce que j’ai traversé. »
Les deux rôles cherchent à recevoir de la reconnaissance en s’appuyant sur la souffrance.
L’un attend le sauveur, l’autre est applaudi.
Mais dans les 2 cas, le regard des autres reste central.
4- Parce que la douleur nous protège.
→ Victime : « Je ne peux pas y retourner, je risquerais de souffrir encore. »
→ Héros / Héroïne : « Je me suis battu, je dois me protéger, rester fort. »
Les deux utilisent la douleur passée pour justifier des mécanismes de défense actuels.
Même pièce, toujours tournée vers cet ancien combat… Et qui empêche de vivre son deuil.
5- Parce qu’on pense que la douleur est nécessaire.
→ Victime : « Je ne peux pas oublier, sinon c’est comme si ça n’avait jamais compté. »
→ Héros / Héroïne : « Si je lâche, c’est comme si ce que j’ai traversé n’avait servi à rien. »
Dans les deux cas, on garde la souffrance comme un monument sacré.
La pièce devient précieuse… et donc si difficile à poser !
Tout ça est normal.
On croit que se libérer de la douleur, c’est trahir ce qu’on a vécu, se montrer déloyal·e.
Mais en réalité, c’est peut-être le seul vrai acte de courage.
Conclusion
Alors la vraie liberté, c’est peut-être ça :
Ne plus être ni héros, ni victime.
Juste vivant. Présent. Entier.
Pas besoin d’avoir mal pour exister.
Pas besoin de gagner encore et encore ce combat pour mériter la paix.
Alors la vraie question, maintenant, ce serait quoi ?
Peut-être : « Qui suis-je sans cette pièce ? »
…et oser vivre sans script, sans rôle.
Et toi ? Es-tu prêt·e à poser la pièce ?
Pas pour l’oublier… mais pour enfin respirer sans elle.

Venez me partager ce que vous vivez…